Et si vous ne saviez plus vraiment ce dont vous avez besoin ?

« Qu’est-ce qui vous ferait plaisir aujourd’hui ? »

Cette question paraît simple.
Pourtant, après un burnout, elle peut devenir étonnamment difficile.
Beaucoup de femmes savent parfaitement répondre lorsqu’il s’agit des autres. Elles savent ce dont leurs enfants ont besoin, ce que leur conjoint attend, ce qui ferait plaisir à leurs collègues.
Elles perçoivent rapidement lorsqu’un proche ne va pas bien.
Mais lorsqu’il s’agit d’elles…

Le silence s’installe.

Non pas parce qu’elles n’ont pas de besoins, mais parce qu’elles ont appris, souvent sans s’en rendre compte, à les mettre au second plan pendant si longtemps qu’elles ne les entendent plus.

Et c’est souvent à ce moment-là que commence la véritable reconstruction.

Pourquoi cela arrive ?

Lorsque l’on vit pendant des années en étant tournée vers les autres, on développe une formidable capacité d’observation.
On remarque les besoins des autres avant même qu’ils les expriment.

  • On anticipe.
  • On organise.
  • On s’adapte.

Petit à petit, cela devient naturel, mais cette attention permanente a parfois un coût.
À force de regarder à l’extérieur, on cesse peu à peu de regarder à l’intérieur.

  • On mange quand il reste du temps.
  • On se repose quand tout est terminé.
  • On reporte ses envies.
  • On oublie ses rêves.

Et un jour, lorsque tout s’arrête brutalement avec le burnout, une question surgit :

« Au fond… qu’est-ce qui est important pour moi ? »

Cette question peut faire peur, parce qu’elle nous oblige à revenir vers nous-mêmes.

Comment cela fonctionne ?

Notre cerveau renforce ce que nous faisons régulièrement.

Si, pendant des années, nous avons appris à être attentives aux besoins des autres, cette façon de fonctionner devient automatique. Nous ne le faisons même plus consciemment et notre regard se tourne naturellement vers l’extérieur.

Il ne s’agit pas d’un défaut, c’est un apprentissage.
Et comme tout apprentissage, il peut évoluer.
La reconstruction consiste alors à réapprendre doucement à porter aussi son attention sur soi.

Non pas au détriment des autres, mais en retrouvant un équilibre.
Car prendre soin de soi n’est pas un acte d’égoïsme, c’est une condition pour pouvoir prendre soin des autres durablement.

Comment reconnaître que cela vous concerne ?

Peut-être vous reconnaîtrez-vous dans plusieurs de ces situations.

  • Vous avez du mal à répondre lorsqu’on vous demande ce qui vous ferait plaisir.
  • Vous dites souvent : « Comme vous voulez. »
  • Vous adaptez facilement vos envies à celles des autres.
  • Vous culpabilisez lorsque vous prenez du temps pour vous.
  • Vous ne savez plus vraiment ce qui vous ressource.
  • Vous avez parfois l’impression d’avoir perdu une partie de vous-même.

Si c’est votre cas, soyez indulgente envers vous-même.Vous n’avez probablement pas perdu vos besoins.Vous avez simplement perdu l’habitude de les écouter.

Le premier petit pas

Aujourd’hui, je ne vais pas vous demander de changer votre vie, je vous propose simplement de retrouver un petit morceau de vous-même.
Ce soir, avant de vous coucher, posez-vous cette question :

« Qu’est-ce qui m’a fait du bien aujourd’hui ? »

Il ne s’agit pas de chercher quelque chose d’extraordinaire.
Peut-être était-ce le soleil sur votre visage, une tasse de thé savourée en silence, le chant des oiseaux, un moment de création, un sourire, une promenade, une musique.

Pendant quelques jours, notez simplement ces petits instants dans un carnet, sans analyser et sans chercher à faire mieux.
Juste pour réhabituer votre attention à remarquer ce qui nourrit votre énergie.

La reconstruction commence souvent ainsi, par de toutes petites retrouvailles avec soi-même.

Le regard de Nathalie

l y a quelques années, lorsque nous préparions les vacances en famille, je pensais surtout à ce qui ferait plaisir à mes enfants.Je cherchais des idées qui leur permettraient de passer de bons moments.Puis nous en discutions avec mon conjoint.Et, très souvent, je terminais la conversation par cette phrase :

« Comme tu veux. »

À l’époque, cela me semblait tout à fait normal.Je croyais simplement être facile à vivre.Avec le recul, je me rends compte que je ne me posais jamais une question pourtant essentielle :

« Et moi… de quoi ai-je envie ? »

Je ne me demandais pas ce qui me ferait plaisir.Je ne réfléchissais pas à ce dont j’avais besoin pour me reposer ou me ressourcer.Au fil des années, nos vacances se déroulaient souvent dans la famille de mon conjoint.

Nous étions nombreux autour de la table. L’ambiance était chaleureuse. Mais, très souvent, ma belle-sœur et moi passions une grande partie de notre temps à faire les courses, préparer les repas et gérer toute l’intendance. 

Aujourd’hui, je ne regarde pas cette période avec de la colère, je la regarde avec beaucoup de tendresse. Parce que je comprends que personne ne m’avait imposé ce fonctionnement, simplement, je ne m’autorisais pas à exprimer mes propres besoins. Je ne réalisais même pas que j’en avais.

J’avais tellement pris l’habitude de m’adapter que le fameux « Comme tu veux » était devenu presque automatique. Aujourd’hui, je ne cherche pas à imposer mes choix, mais je m’efforce de ne plus disparaître de l’équation.

Avant de demander aux autres ce qu’ils souhaitent, je prends quelques instants pour me poser cette question :

« Et moi… qu’est-ce qui me ferait du bien ? »

Cela peut sembler être un tout petit changement, mais pour moi, il a profondément transformé ma manière de vivre les choses.

Pour aller plus loin ...

Pendant longtemps, j’ai cru que me reconstruire consistait à retrouver la femme que j’étais avant mes burnouts.

Aujourd’hui, je crois que c’était une erreur, la reconstruction ne consiste pas à redevenir celle que l’on était. Elle consiste à retrouver ce qui est profondément vivant en nous, pour construire une vie plus alignée avec nos besoins, nos valeurs et notre sensibilité.

C’est un chemin, et il commence souvent par une question toute simple :

« Et moi… de quoi ai-je besoin aujourd’hui ? »

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